
Qu’attendre de la Chine? La Chine était une parfaite inconnue pour moi, à part le côté "business" dans lequel ce pays s’est très bien développé au cours des 10-20 dernières années.
Mais, en entrant sur le territoire chinois, le ton était directement donné. Soirée KTV (karaoké) et nombreuses chopinettes offertes par des Chinois. La générosité fait ainsi partie de la culture d’accueil des Chinois. A cet égard, je me suis fait offrir de nombreux repas, litres de bières (même au repas du midi en devant encore remonter sur mon vélo par la suite), chaussettes, bagues, blanchisserie gratuite et même des nuits a l’hôtel aux frais des Chinois. Ces nuits gratuites méritent un petit mot d`explication. J’arrive à Zhaotong (au nord de la province du Yunnan) le 16 février en perspective du nouvel an chinois. Je repère un hôtel mais est vite découragé en voyant que la réceptionniste ne veut pas me faire de réduc (comme c`est la coutume dans le Yunnan). Par la suite, je repère un groupe de chinois et leur demande où trouver un hôtel a un prix raisonnable. Un des Chinois appelle sa fille qui parle l`anglais. Elle me dit ensuite que son père m’invite dans le plus bel hôtel de la ville pour le nouvel an chinois (50 Euros la chambre). Je refuse mais ils insistent et je me retrouve finalement dans cet hôtel de luxe. De plus, ils m’invitent a un repas somptueux dans le restaurant de l’oncle. La fille m`explique que son père aime bien les Laowai (étrangers) vu qu’elle a été très bien accueillie aux Etats-Unis quand elle y a étudié. Magnifique, merci l’hospitalité chinoise.
Le lendemain, je décide de chercher un autre hôtel (il ne faut pas non plus abuser de leur hospitalité) et trouve un petit hôtel de charme. Mais là encore, on m’offre une nuitée gratuite et je passe même le repas du nouvel an en famille. Ensuite, j’ai eu droit à un splendide feu d’artifices qui a au moins duré 45 minutes (à mon avis, la banque mondiale a du intervenir pour financer ça :-))).
Et la nourriture chinoise, tout simplement "how cheu" (délicieux). Partout où je suis passé (même dans les bleds), on mange des plats mijotés de manière remarquable à des prix dérisoires. La nourriture chinoise nécessite néanmoins un temps d'adaptation pour nos estomacs européens vu que ces plats sont souvent accompagnés de piments et de gouzis d'ail (tu en rafollerais, Douchka).
J'aime également la manière comment les Chinois mangent leur repas. Ils sont toujours à plusieurs et partagent les différents plats entre eux (la soupe aux légumes au milieu et les autres plats autour). Très convivial et ceci souvent accompagné de thé et de bières. Les Chinois sont de grands consommateurs de bières et commandent donc en conséquence. Pas une bière, ça fait ridicule, mais bien un carton de 12 bières (chacune 680 ml).
Néanmoins, les Chinois sont capables du pire comme du meilleur. Très généreux et chaleureux d'un côté, mais très bruyants et envahissants de l'autre (quoi de plus normal vous allez me dire, ils sont un milliard trois cents mille). Quant-même, il y a des limites. Quand ils parlent, la plupart du temps ça gueule. A se demander s'ils sont fâchés (mais non, c'est leur manière de communiquer). Et le légendaire crachat chinois. Ca crache de partout en faisant un bruit fort agréable pour tout rassembler dans la bouche, hommes et femmes sans distinction.
Et les toilettes chinoises, un véritable égout à ciel ouvert. Souvent, ça se limite à une fente dans le sol. S`il y a une cloison d`un mètre de haut entre les différentes fentes, il s'agit déjà d`une toilette 3 étoiles. Avec la porte, c'est carrément la 5 étoiles. Inutile de vous dire que grande fut ma surprise en entrant dans les toilettes et en voyant un Chinois accroupi devant moi en faisant son besoin vital. L'intimité n’est pas un besoin fondamental en Chine. A ce propos, une petite annecdote sympa à vous raconter. Un matin, je m'apprête à m'habiller quand 2 Chinois viennent me rendre visite. On se parle pendant une demi-heure mais ensuite je leur fais signe que je dois me changer. Ils avaient parfaitement compris mais restaient quant-même assis. Je décide quant-même de me changer mais avec le dos vers eux. Grand fut mon étonnement quand un d'eux se pencha pour inspecter mon attirail!!! Big, big, me dit-il :-)))
Au niveau du trafic, j'avais imaginé le pire à Saigon, mais la Chine l'égale largement. Le principe de base est de ne jamais s`arrêter, sinon tu passes pour un "loser" à mon avis. J'en ai donc vu dépasser sur la première ou deuxième bande réservée au trafic opposé afin de ne pas devoir s`arrêter!!! Hallucinant.
Pour ce qui est de l'état des routes, l'expression le pire et le meilleur s'y prête également très bien. D'un côté ses ouvrages remarquables qui passent à travers les montagnes (cf. Photos) et qui feraient pâlir plus d'un ingénieur belge et de l'autre, certaines routes (si on peut encore appeler ça une route) en piteux état qui relient les villages entre eux. A cet effet, j'ai passé 4-5 jours à essayer de sortir d`une route qui vaut bien le rallye du Condroz (300 km en passant par des cols d`une altitude de 2900 mètres).
Mais, ne vous y méprenez pas, ma vision de la Chine reste bien plus que positive. De superbes paysages (les photos parlent d'elles-même), excellente nourriture et une hospitalité hors du commun.
Je voudrais terminer cet article sur la Chine en remerciant de tout cœur Laurent qui a déjà très vite adopté cette hospitalité chinoise. J'ai en effet passé un weekend très sympa avec lui à Kunming. Merci a toi Laurent et bonne chance avec Diane à Xian.
A+,
Nico
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